Chroniques d'une étudiante étrangère à Wuhan #2 DORTOIRS ET CEREMONIE D OUVERTURE



La semaine dernière, j'ai été impressionné en consultant le nombre de vues sur ma chronique en Chine par rapport aux autres ! Je suis contente car j'y ai passé beaucoup de temps (*´*)
Du coup, voici la suite ! 


Découverte des dortoirs pour étrangers

Les dortoirs : "Bienvenue aux nouveaux étudiants!"
Après avoir marché une bonne vingtaine de minutes à travers le campus talonné par notre guide préféré j'entrai dans le bâtiment des dortoirs pour étrangers. A l'intérieur, un concierge à l'accent bien wuhanais nous accueillit en nous faisant remplir un registre puis nous décerna notre numéro de chambre. Nous étions au 2ème étage. Notre ami chinois semblait lui aussi découvrir l'intérieur du dortoir : effectivement, il nous expliqua que les chinois n'avaient pas le droit d'y entrer. Deux escaliers plus tard, je découvris notre chambre : le moins que l'on puisse dire c'est que c'était sommaire... En tant qu'occidentale fraîchement débarquée de son cocon, je ne fus pas spécialement ravie.
Le mobilier se composait de deux bureaux en bois poussiéreux qui semblaient avoir survécu à une dizaine de générations d'étudiants étrangers (゜◇゜), de deux lits et d'une salle de bain. Je fus sceptique à l'égard de cette dernière : presque au dessus des toilettes et du lavabo se trouvait la sortie d'eau de la douche. Je sentais bien qu'on allait devoir se taper de passer la serpillière après chaque douche =_=.


 

chambre du dortoir (excusez le bordel *.*)
Chambre vue de l'autre côté
Alors que je semblais quelque peu dépitée, notre guide en revanche eut un cri de surprise en découvrant notre douche : "Oh mais vous avez une douche dans votre chambre !"


Il avait un peu cette tête là
"Nous, les toilettes et les douches sont à l'extérieur". "Ah...". 
Je ne m'en rendais pas alors compte mais comparé aux conditions de vie des étudiants chinois, nous étions limite surclassés ! Ces derniers étaient au moins huit par chambres, sans climatisation (et croyez moi ça pique là bas, Wuhan étant considérée comme un des fours de la Chine!), et leur électricité était coupée à 23h. En outre, ils n'avaient pas non plus d'eau chaude et je les voyais tous les jours vaillamment aller remplir leur bidons aux endroits indiqués. 
Bref, ils s'assuraient que nous soyons "bien lotis" par rapport aux autres.

Après avoir fait notre petit état des lieux, notre guide nous quitta et nous décidâmes d'essayer la douche (Mr Zhang nous avait remis 2 cartes "d'eau chaudes"). Malheureusement, malgré mes efforts pour tripoter le mécanisme en tentant d'insérer la carte dans tous les sens possibles, seul de l'eau froide sortit et, exténuée, je décidai d'aller me coucher. 

CREVEE !

Retour à l'aéroport ! 

Le lendemain, nous fûmes réveillé par mr Zhang qui toqua vivement à notre porte. J'étais tellement dans le brouillard que je ne savais même plus où j'étais...

Quand tout me revint finalement en mémoire, je lui ouvris et deux minutes plus tard, sans s'en rendre compte, nous étions déjà entassés à trois sur son scooter électrique, en route vers le véhicule qui devait nous amener à l'aéroport. 
Je crois que je n'oublierai jamais ce moment, où, sur le scooter,  nous traversâmes tout le campus. pendait que notre conducteur slalomait entre la marée d'étudiants se rendant en cours, je réalisai enfin, l'oeil complètement hagard, que ça y'est j'étais en Chine pour de bon


Je rencontrai alors à peu près tous mes futurs professeurs (en fait je ne le savais pas encore, car pour moi ils semblaient tous avoir mon âge X_X). On nous fit monter dans une espèce de camionnette touc touc et nous filâmes à l'aéroport. Youpi, rebelotte les 45 minutes...
Là bas, je retrouvai mes valises chéries (o joie!), puis je rencontrai les étudiants étrangers coréens fraîchement débarqués. Les profs estimèrent préférables de nous inviter à manger au restaurant avant de repartir. Je goûtai alors mon premier repas typiquement chinois. Nous étions tous autour d'une table ronde avec plein de petits plats que nous pouvions déplacer vers nous à notre guise grâce à un plateau mobile. Je trouvai le système plutôt ingénieux car permettait à tout le monde de tester les plats sans avoir à se lever ou tenter de parcourir toute la table, les baguettes à la main et la boulette de viande hésitante à tomber. Je n'osais quand même pas trop manger et paraître pour la morfale, sachant que tout le monde avait l'air de ne pas avoir trop faim.
Après le repas, on nous remis dans le bus, direction la fac.

Découverte du fonctionnement du dortoir et de la fac !

De retour aux dortoirs, Mr Zhang nous distribua une fiche avec le programme de la rentrée. Il était prévu que l'on participe à la grande cérémonie d'ouverture, à une réunion de présentation, puis une journée consacrée au bureau des enregistrement des populations pour valider définitivement nos visa. Les cours commençaient directement après. 
On nous montra aussi le règlement du dortoir, avec deux règles qui ne m'enchantèrent guère:
L'eau chaude n'était qu'à certaines heures de la journée, style 6h-10h et puis 18h-23h. Le dortoir fermait définitivement ses portes à 23h pour ne les rouvrir qu'à 6h => si tu voulais faire soirée jusqu'à 2h, c'était râpé.

Pas cool ça
Mr Zhang nous donna ensuite nos cartes destinées à être rechargées pour payer la cantine et les commerces de la fac en général, puis s'en fut.
Je retournai alors dans ma chambre pour déballer mes affaires. Ahhh je vous jure qu'une valise retrouvée peut illuminer le reste de votre journée ! Ravie, je décidai de me renseigner sur le fonctionnement d'internet, car mine de rien, ma famille n'avait pas été rassuré depuis mon départ, ça m'embêtait qu'ils ne sachent pas que tout s'était bien passé. Comme le papier pour activer internet donné par le concierge n'était pas clair du tout, je m'enquis auprès de deux autres étudiants étrangers, deux russes forts sympathiques qui m'expliquèrent qu'il fallait acheter un routeur. Ah... Heureusement, mon amie française me prêta gracieusement son téléphone pour envoyer un e.mail succinct. Manière quoi. 
Je décidai alors en compagnie de mon ex et des autres étudiants français d'aller recharger ma carte de cantine et de douche. Après avoir erré à travers le campus, nous trouvâmes finalement le bureau destiné au rechargement. Il fallait remplir un petit papier mis à disposition avec la somme que nous désirions recharger puis indiquer notre numéro étudiant. Après quoi, un des employés au guichet rechargeait la carte dans sa machine puis nous la rendait. 
Se fut ensuite le tour de la carte d'eau chaude
Me souviendrait aussi de ce moment toute ma vie. A peine nous avions mis les pieds dans le restaurant, que, petit à petit, toutes les têtes se retournèrent dans notre direction, la mine stupéfaite. Ce moment de gêne @-@
Après avoir repéré le guichet d'eau chaude, nous nous entassâmes sur le côté pour attendre notre tour. Une fois devant la dame, une chinoise d'entre deux âges, aussi accueillante qu'une porte de prison, je pris alors ma première claque chinoise. Je ne comprenais strictement rien à ce qu'elle me disait. En plus, je tentai par politesse de lui demander de répéter, mais elle s'impatientait, la mine excédée. Finalement, je compris qu'elle voulait que je lui donne mon code de carte, (j'avais complètement oublié que j'en avais un) et, après lui avoir donné, elle m'expédia ma carte, pressée d'en finir. J'étais un peu sonnée devant le manque de compréhension de sa part. Et notamment qu'aucun des étudiants ne soient venu à ma rescousse.
Moment un peu dur :(

 Les commerces du campus

Après cette expérience plus ou moins désastreuse, nous explorâmes le campus. C'était super pratique car juste devant notre dortoir se trouvait une petite galerie commerciale comprenant une supérette (type conbini au japon), des petits magasins avec des objets destinés à améliorer les dortoirs et une petite véranda avec de petits restaurateurs.
Du coup, le soir même, sous recommandation d'autres étrangers, je commandai la spécialité de nouille de Wuhan : les reganmian 热干面(à prononcer jeguanmién) : des nouilles sèches goût cacahuète. Et ce, pour une broutille de genre 6-7 yuan. C'était pas mal, mais pas inoubliable, je n'ai jamais été très pâtes en général...

les reganmian !
Sinon, dans quasiment tous les différents bâtiments se trouvait un petit magasin de vente de fournitures scolaires ainsi que des petites supérettes éparpillées dans tout le campus, 

La cantine à l'université

Le lendemain midi, je voulu essayer la cantine pour avoir un aperçu de ce qui nous attendrait toute l'année.  Et c'est ainsi que je me pris ma deuxième claque chinoise.
Aller dans une cantine de banlieue chinoise, je crois que c'est le baptême du feu de tout étranger étudiant en Chine. C'est le moment où toute la faculté se retrouve réunie dans trois endroits différents (il y avait trois restaurants sur le campus), et tant pis si toi petit étranger tu ne comprends rien au schmilblick ! Chacun pour soi, et que le meilleur gagne les dernières soupes de raviolis !

En gros, quand vous arriviez dans le self, vous aviez tout autour de l'espace réfectoire différents comptoirs pour commander à manger. Sauf que l’on ne pouvait pas se servir tout seul, il fallait insérer sa carte dans la machine au dessus du comptoir pour que la cantinière te déduise le montant du plat. Et pour peu que tu veuilles un plat populaire, il fallait faire des pieds et des mains pour arriver le premier à mettre sa carte dans la machine. Et ensuite pointer le plat désiré à la cantinière. Les premiers jours, je m'embêtais à dire "j'aimerais bien celui ci s'il vous plait". Alors qu'en fait mais....... ON S EN BAT LES STEAKS DE CES FIORITURES
Quand je finis par comprendre ça,  je transformai peu à peu mes phrases en "je veux ça" ou alors "ça". Ce n'est pas malpoli, c'est juste qu'ils ne s'embarrassent pas avec toutes ces manières (du moins, dans ce cadre là, dans d'autres cas, les marques de politesse s'imposent) car si tout le monde le faisait, le service serait beaucoup moins rapide. Ca arrange tout le monde que ça se fasse rapidement. Et puis si tu cases des "merci" quand on te sers, ça passe crème, même dans des restaurants.

Sauf que, lors de cette première expérience, je ne savais pas tout ça, alors j'essayais tant bien que mal de faire la queue vers un comptoir. Évidemment peu de temps après je me rendis compte que personne ne faisait la queue et que tout le monde doublait tout le monde. SURTOUT le petit étranger paumé. Bref, je pris finalement mon courage à deux mains et tentai des percés ci et là dans la foule pour arriver à insérer ma carte et prendre mon plat. 
C'est à peu près comme ça que se déroulèrent mes repas à la cantine jusqu'à ce qu'un jour, je découvris le comptoir nourriture coréenne dans un réfectoire où il y avait généralement peu de monde et où les plats étaient cuisinés sur commande et facilement lisibles sur un menu. Oui, parce que il y avait certains comptoirs de nourritures plus "travaillées", mais rien qu'à voir la masse compacte d'étudiants qui criaient le nom du plat qu'ils voulaient tels des traders enragés, ça ne me disait rien du tout de tenter le coup. 

Ca donnait un peu ça vu de loin
Ainsi, toute l'année je m'en tirai plutôt bien en commandant mes plats coréens.
Concernant les autres plats proposés, c'était souvent tous les mêmes. Il y avait le comptoir de riz évidemment et puis plein de petits plats style légumes sautés (mais franchement pas terribles), de la viande marinée, des trucs non identifiés et des desserts plutôt sympas à base de haricot rouge. Quand j'en avais assez de mes plats coréens, je m'arrangeai pour me faufiler prendre un plat à base de calamarS frits avec des haricots sautés.
Mais j'insiste, ce n'était vraiment pas varié, et ça n'avait ABSOLUMENT RIEN à voir avec la nourriture que l'on peut trouver dans nos restaurants chinois français. Mais rien de rien.

En tout cas, avec mon ex on en eut vite marre de toujours manger la même chose, d'autant plus que la cuisine du dortoir était nulle en terme d'équipement. C'est ce qui nous motiva à souvent manger au restaurant, surtout que ce n'était pas cher et tellement plus bon qu'à la cantine ! 
Franchement ça me manque *.*
Ah oui, autre point à noter : comme on se retrouvait souvent sans place où s’asseoir aux heures de pointe, il devenait de notoriété publique de "réserver" sa place en allant tout simplement poser un livre ou un parapluie sur le siège désiré avant d'aller commander. Et ça marchait, personne n'allait te le déplacer pour s'asseoir ! 
On pouvait également acheter des boissons ou des espèces de smoothie fabriqués sur place. C'était très rafraichissant et ne coûtait que quelques malheureux yuan...

Jus de pêche, mon préféré *.*

A la fin du repas, on ramenait notre plateau, puis on triait le verre. Le tri sélectif en Chine c'est sacré!

La cérémonie d'ouverture

Là, pareil, ça reste un des plus grands moments de ma vie XD. 
Dans l'après midi, Mr Zhang vint à notre dortoir et annonça à un de mes amis français et moi  de but en blanc : "c'est vous qui allez représenter la France à la cérémonie d'ouverture". Sans plus d'explication, il nous laissa en plan. N'ayant pas trop compris ce à quoi ça consistait, j'haussai vaguement les épaules. 
Sauf que le lendemain matin, quand on nous réunit tous pour aller au gymnase assister à la cérémonie, je commençai à avoir des appréhensions. Surtout en constatant la marée humaine d'étudiants qui n'arrêtaient pas d'affluer de tous les côtés et qui convergeaient vers le gymnase. Dans le hall, Mr Zhang me pris à part avec les autres étudiants sélectionnés et nous expliqua le topo : nous allions recevoir officiellement les notifications de l'institut confucius, il nous faudrait donc défiler devant la scène un par un pour les recevoir. Jusqu'à là, ça allait. Et puis quand on nous fit avancer vers l'intérieur du gymnase ça n'allait plus du tout. 
Le gymnase était REMPLI, BLINDE, limite vomissant, d'étudiants chinois. Et petit détail non négligeables : d'étudiants chinois qui nous observaient comme si nous étions des bêtes curieuses. Imaginez 2000 yeux sur vous. Bah c'était la situation. J'étais dans mes petits souliers. Je souriais à la foule comme je pouvais en mode gentil étranger, mais n'empêche... Ce stress ! 
Du point de vue de la foule



Le point rouge là c'est moi x)
Les étudiants étaient rangés par UFR, d'où les panneaux que vous voyez sur les photos.

Ainsi, après un discours du directeur de l'université, s'en suivit notre défilé. J'étais toute crispée. Un monsieur me tendit finalement ma notification et je souris pour la photo "officielle" de l'université. Et puis je pris les jambes à mon coup hors du gymnase accompagnée du reste de mes camarades.

En tout cas c'était vraiment impressionnant !

La suite au prochain épisode :D


 


5 commentaires

  1. La suite viiiiiite !! :D

    Haha c'est vrai que les chinois peuvent paraître brusques par moment, et pas les plus compatissants quand tu ne les comprends pas. Je comprends que tu aies pu te sentir seule, surtout si personne n'est venu t'aider... Parfois, ils peuvent être hyper accueillants, généreux (je me rappellerai toujours le groupe de chinois qui nous avait payé un méga restau et offert plein de cadeaux, juste comme ça... la GÊNE) surtout les plus jeunes en fait. D'autre fois, ils peuvent vraiment être hyper froids, en mode "tu me comprends pas ? Tu te démerdes". Alala la Chine...

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  2. Super cet article ! ça m'a rappelé mon année en Chine l'année dernière ^^ Il faut vraiment que j'écrive un article la dessus... Moi aussi j'ai eu du mal avec les dortoirs, ou plutôt mes toilettes qui étaient des toilettes turcs O_o Mais je me suis habitué, j'avais quand même la chance d'avoir une grande chambre pour moi toute seule, apparemment c'était rare de ne pas avoir de colocataire :)Moi aussi j'adore les reganmian, c'est trop bon !! Je n'allais pas à la cantine, dans ma fac il faut tout faire et j'avais un peu la flemme de faire ma carte de cantine, et puis je préférais manger avec mes amis dehors :)

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    1. Oh tu as aussi passé un an en Chine *.* OUI il faut que tu écrives dessus, ça me plairait de lire un témoignage dans une autre ville pour voir les différences un peu ^^. Concernant les toilettes, j'avais des européens oui mais avec d'énormes problèmes, j'en parlerai dans un autre article, mais du coup peut être que j'aurais préféré des turcs sur le coup XD

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  3. The most important thing is to be passionate and ready to accept the pains that sometimes go along with the business.
    Christophe Lambert ©

    Après avoir enduré tous les désagréments administratifs, faire maChine arrière eut semblé impromptu

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  4. Alors si je saisie la substance de tes deux articles, en gros : "la Chine c'est bien, mais pas trop". ^^
    Je veux même pas imaginer le sentiment d'être observé complètement par une immense salle ...

    The most important thing is to be passionate and ready to accept the pains that sometimes go along with the business.
    "Christophe Lambert ©"

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