Mon appartement à Tôkyô #1 la recherche et dépôt du dossier !

Introduction

Les activités de l'université Waseda ne commençaient que début septembre, mais comme je n'avais aucun logement de réservé, j'avais décidé d'arriver au Japon deux semaines à l'avance. Par chance j'ai trouvé une sharehouse qui a accepté que je vienne avec Lolita (ma chatte) pour me loger pendant mes recherches. J'avais donc deux semaines devant moi pour trouver l'appartement qui m'accepterait avec Lolita. Ce n'était pas gagné, mais j'étais partie hyper positive, et heureusement car la recherche s'est avérée assez laborieuse (et encore, j'ai eu de la chance que l'université Waseda ait un service exprès pour les étrangers : le "Waseda housing center").

Par la suite, j'ai rencontré un chinois vivant à Houston (c'est toujours compliqué les nationalités dans ma fac, tout le monde a des parcours de fou *^*), qui voulait venir avec ses deux chats, sauf qu'il ne savait pas que la procédure incluait une quarantaine de 6 mois, donc il était (et est toujours) dégoûté. Il m'a aussi expliqué que les appartements acceptant plus d'un chat étaient aussi extrêmement rares. Déjà que dans mon cas, c'était de l'ordre de 10%, ça ne devait effectivement pas être terrible. Lui était venu deux mois à l'avance pour trouver son appartement ce qui m'a fait réaliser que j'étais chanceuse d'avoir trouvé quelque chose en deux semaines pile poil *.*. J'ai également rencontré un américain qui a trouvé un appartement en un mois, aidé d'un ami japonais (mais lui n'avait pas d'animaux). Si je n'avais pas eu l'aide de l'université, je comptais me réorienter vers un service pour étranger, comme Leopalace appartement (mais du coup je ne peux pas vous dire si c'est une bonne agence)
La recherche et les visites

J'avais rendez vous le lendemain de mon arrivée (autant vous dire que j'étais très fraîche avec le décalage horaire) avec une employée de l'agence de Waseda, trilingue japonais-anglais-chinois. La classe quoi (c'était une chinoise). Appelons la C san. Cette dernière m'a accueillie très gentiment, en me rappelant les critères que j'avais convenu par mail : près de l'université, avec un chat dans un budget inférieur à 80 000 yens (environ 600€). On a communiqué principalement en anglais car au bout de quelques phrases, le vocabulaire me manquait cruellement. C san a donc pianoté sur son ordinateur : une dizaine d'appartement correspondait à mes critères. J'étais donc soulagée !  C san a donc entrepris de téléphoner aux agences : quelques appartements refusèrent les visites car soit
  •      Il ne voulait pas d'étudiants
  •         Il ne voulait pas d'étrangers
  •         Il ne voulait pas d'étrangers ne parlant pas parfaitement japonais
  •         Il ne voulait pas d'un étranger AVEC un chat.

Voici un exemple d'appartement qui m'a été proposé, pour vous faire une idée :


Une fois les appels terminés, cinq appartements restèrent en lice. C san a appelé un de ses collègues pour m'accompagner visiter deux d'entre eux. C'était un japonais d'entre deux âges, le pas rapide. TRES RAPIDE. Nous avons pris le métro et avons marché quelques dizaines de minutes avant d'arriver sur le lieu du premier appartement. A l'intérieur, j'ai tout de suite constaté qu'il n'y avait AUCUN MEUBLE ou équipement électroménager. Pour moi ça partait donc sur un non car je me voyais mal acheter le frigo, la machine à laver et tutti quanti. En outre, au bout de quelques minutes à peine, nous avons entendu le DON DON DON DON du passage de la voie ferrée située à quelques mètres de la fenêtre… Et quelques secondes plus tard, rebelotte !!!
J'ai donc fait remarquer à mon japonais que c'était beaucoup trop urusai = bruyant (payer près de 600 euros pour entendre ce bruit, euh, merci mais non merci). Ca m'aurait rendu folle je crois.


Nous sommes donc repartis, moi trottinant derrière mon japonais, vers le second appartement. Malheureusement, j'ai de nouveau constaté _avec dépit_ qu'il y avait un réseau de voies ferrée en face de ce dernier. Je n'avais même pas envie de le visiter… Mes appréhensions se sont confirmées une fois à l'intérieur. Nous sommes donc revenus bredouille à l'agence de Waseda.

J'ai  expliqué à C san que l'on pouvait éliminer tous les appartements se situant à côté d'une voie ferrée. Il n'en restait plus que deux.
J'étais dépitée. C san m'a expliqué que les appartements japonais étaient très rarement meublés, et que la plupart du temps il n'y avait même pas l'installation électrique des lumières.Elle m'a alors donné rendez vous le lendemain pour continuer les deux autres visites car il était déjà près de 18h. Et j'étais crevée + démoralisée. J'avais peur de finir chou blanc. Me voyais déjà dormir sous un pont *^*.

Je suis donc arrivée le lendemain avec vingt bonnes minutes de retard à l'agence (j'avais encore du mal à évaluer mon trajet de Komae à Waseda, qui en vérité fait près de 1h20). L'agence était bondée ! Plein d'étrangers attendaient leur tour. J'espérais ne pas attendre trop longtemps. Mais non, quinze minutes plus tard, C san s'est excusée et m'a présentée à L san, une de ses collègues qui allait de suite me faire visiter les deux appartements. L san était chinoise aussi, étudiante en master de Waseda, désormais bilingue japonais et anglais. J'espère qu'un jour j'arriverai à son niveau T_T.

Nous sommes partis par métro à la station Ochiae de la Tozai line. C'était à seulement deux stations de Waseda, et il ne fallait qu'une petite dizaine de minutes à pied pour arriver à l'appartement. J'ai de suite constaté (avec joie) que l'appartement se situait juste à l'angle d'une grande rue, avec pléthore de conbini, de restaurants et un grand supermarché. En outre, la station Higashi Nakano était juste à côté (elle relie Shinjuku en deux arrêts !). J'ai donc eu un excellent feeling. D'autant qu'il y avait un balcon. UN BALCON VOUS DIS-JE!!!

Une fois devant la porte, j'ai rencontré le propriétaire, Tanaka san (bon il s'appelle pas du tout tanaka san, mais rien de tel qu'un nom de famille japonais random pour préserver l'anonymat xD ). Il était bavard. J'ai compris un mot sur trois, mais j'ai réussi à le convaincre que je baragouinais un minimum japonais, ce qui était déjà pas mal vu que c'était un des critères pour louer l'appartement. J'ai également fait la connaissance de Satô san (hop random !), l'agent immobilier en charge de la propriété. A l'intérieur, j'ai découvert un espace assez étroit, mais carrément vivable (18m2) avec le fameux balcon, plutôt spacieux ! Après discussion, le propriétaire m'a dit qu'il laisserait la machine à laver, le frigo et les rideaux. En outre il y avait déjà les lumières d'installées *.*
====>ARRETEZ TOUT JE SIGNE OU????
Non en vrai, j'étais super emballée.

L'air satisfait, je suis sortie de l'appartement pour continuer vers le second. Ce dernier s'est révélé hyper loin de la station de métro (10 minutes à pied mon œil !!!), étroit et pas du tout meublé. Le bide quoi.

De retour à l'agence immobilière j'ai annoncé à C san que l'appartement d'Ochiae m'intéressait fortement et que je voulais déposer mon dossier. Nous avons alors parcouru les frais et les charges, qui, conformément à tous les articles d'expatriés que j'avais zieuté avant mon arrivée au Japon, étaient aberrants. Et hors du budget que j'avais mis de côté (presque le double en fait). Mais bon, c'était comme ça, shikata ga nai comme ils disent. Bon, je ne vous cache pas que j'ai un peu râlé devant C san, mais ça n'a rien changé, bien évidemment xD. Nous avons donc commencé à remplir le dossier de demande, jusqu'à ce que je tombe sur la partie "contact d'urgence". C san m'a alors expliqué qu'il me fallait impérativement un contact japonais pour que je puisse prétendre à l'appartement. Deux amis japonais m'ont alors traversé l'esprit, mais je me voyais mal les appeler précipitamment pour se porter "garant" de ma personne. Je trouvais ça extrêmement gênant. Cependant, C san m'a prévenu que si je ne contactais pas l'un d'entre eux cet après midi, il était très probable que l'appartement me passe sous le nez. Ainsi que ma chance tout court d'en trouver un vu qu'ils n'en avaient plus à me proposer.
NO PRESSION.

Bien sûr j'étais en stress total. Je voulais absolument cet appartement. C san m'a alors proposé de revenir à l'agence dans la soirée une fois que j'aurais les coordonnées d'un contact d'urgence japonais.


Votre mission si vous l'acceptez
Demander dans l'heure à un japonais de vous donner son adresse, sa profession et SON FUCKING SALAIRE ANNUEL.


Non, mais, plus indiscret, tu meurs *.* . Je ne me voyais tellement pas demander ça…Mais je n'avais pas le choix. Tant pis, faisant fi de toutes convenances, je me suis rendue dans un café (je n'avais pas internet à l'époque) pour choper le wifi et contacter mes deux amis japonais. Le premier, (et celui que je connaissais le mieux), ne me répondait pas. J'ai donc enchaîné avec le fameux japonais que j'avais rencontré dans l'avion et avec qui j'avais longuement papoté. Je me disais que comme le courant était bien passé, possiblement il me répondrait assez vite.

J'ai donc lancé un appel à l'aide digne du plus grand drama : "T san, aide moi, j'ai trouvé un appartement mais j'ai besoin d'un contact japonais T_T". Ce dernier m'a alors répondu dans la minute en acceptant tout ce que je lui ai demandé. J'étais choquée devant tant de gentillesse. En plus il y a eu le fameux moment où il a dû me donner son salaire ANNUEL, qui fut extrêmement gênant, mais bon hein y'avait pas le choix. C'est comme ça que j'ai appris par exemple que ce dernier avait dix ans de plus que moi alors que je ne lui en aurais donné que vingt et quelques. Ah le secret de jeunesse des japonais !

A 17h, je suis revenue triomphante à l'agence immobilière, le sourire aux lèvres.

MISSION SUCCEED.
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Nous avons donc fini de remplir le dossier, et, alors que je pensais pouvoir rentrer tranquillement chez moi fêter ça autour d'une bière, voilà que C san m'a annoncé qu'il fallait que j'attende car l'agence de garantie allait me contacter pour me poser quelques questions.

Ah. Oui. C'est vrai. J'avais oublié ce détail : vu que je n'avais aucun garant au Japon, c'est une entreprise qui devait se charger de ce rôle moyennant finance. Mais il fallait d'abord qu'elle s'assure que je sois solvable, bien évidemment. D'où le coup de fil… J'ai particulièrement appréhendé ce moment, car C san m'a expliqué que ça serait tout en japonais. Vu qu'en France déjà je n'aimais pas spécialement le téléphone, en japonais ça ne me réjouissait pas plus que ça…

Bref, une demi-heure plus tard, dring dring, l'agence de garantie au téléphone. Les premières questions ont tourné autour de mon identité, puis ensuite sur mes moyens de financements : j'ai exagéré mes revenus mensuels et les bourses car honnêtement ce n'était pas glorieux ^^". La dame a u téléphone a alors enchaîné sur T san, mon ami japonais. Et là ça a été tellement gênant, jesus ><.

-Maintenant parlons de votre ami japonais T san
-Euh oui
-Quand vous êtes vous rencontré ?
-Euh, y'a à peu près deux semaines… (déjà ça sentait le pâté)
-ah très bien, et où vous êtes vous rencontré?
-….
Là j'ai carrément hésité à dire la vérité. Mais tant pis, j'ai tout balancé o_O
-Je l'ai rencontré dans l'avion pour aller au Japon.
-Ah je vois
-……. Mais on a parlé pendant dix heures ensemble… >_<

J'étais tellement en PLS mon dieu xD quand j'y repense ça me fait tellement rire, surtout que devant moi y'avait une personne du staff de l'agence qui me faisait des grands signes, que je ne comprenais pas du tout genre mais WTF xD.
Ensuite la dame a enchaîné en me demandant si elle pouvait appeler T. san pour lui poser des questions sur notre relation….
-Euh oui oui, pas de problème !
...Que je lui ai répondu. Alors qu'en fait j'étais déjà mal à l'aise à l'idée que T. san soit confronté à un coup de fil sous forme d'interrogatoire… Bah, au point où j'en étais !

J'étais tellement soulagée quand j'ai raccroché *.*. J'étais tellement stressée pendant le coup de fil que je m'étais accrochée au combiné comme une huître à son rocher.
C san m'a alors expliqué qu'elle me recontacterait une fois que l'agence de garantie aurait donné son accord… Ou non. J'appréhendais un peu vu mes réponses foireuses, mais bon...

Une fois de retour dans la sharehouse, T. san m'a envoyé un message pour me dire que l'agence l'avait appelé dans la foulée. Cette dernière lui a demandé pourquoi il avait un salaire annuel aussi bas.
GENE MAXIMALE

Le lendemain, C. san m'a envoyé un mail pour m'annoncer que l'agence avait accepté mon dossier !!! J'étais trop heureuse !



(... Et que je devais revenir pour discuter finance. Le petit bémol disons de l'histoire xD).

La suite au prochain épisode car l'article commence à se faire long ! J'espère néanmoins que cette expérience vous donnera quelques pistes si par aventure vous voulez vous lancer dans de telles procédures. Dans le #2 on parlera de tous les frais (loyer mensuel, cadeau au propriétaire, caution et toutes ces inepties ><).

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