ELITE (saison 1) : Le teen drama espagnol avec un air de Déja-Vu


Featured, Séries / samedi, novembre 3rd, 2018

Surfant sur la vague de succès de La Casa De Papel, Netflix nous a mis en ligne une série originale de son cru, avec quelques têtes connues. Dans le lot Allison, Denver et Rio. Est-ce que cette nouvelle série est simplement un prétexte pour continuer à rentabiliser LCDP ou une véritable proposition de série originale ? Je vous dis tout après le résumé ٩(^ᴗ^)۶

Résumé : Las Encinas est l’école la plus compétitive et huppée d’Espagne accueillant les enfants de l’élite. C’est également dans cette école que trois enfants de la classe ouvrière sont admis lorsque leur école est détruite et que les étudiants sont alors répartis dans plusieurs établissements. Ils pensaient être chanceux… mais peut-être ne le sont-ils pas tant que cela ? La confrontation entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien est explosive, et aboutira à un meurtre. Qui est vraiment derrière ce crime ? Est-ce l’un des nouveaux arrivants ? Ou se cache-t-il quelque chose de plus sombre ?

La série comporte huit épisodes, et se dévore assez rapidement compte tenu du fil rouge autour de l’enquête du meurtre d’une des lycéennes. Contrairement à Gossip Girl ou Pretty Littles Liars, ou encore toutes les séries qui traite exactement du même sujet (un lycée, des élèves, un meurtre, on mélange tout ça et pouf! ça fait une série teenage à succès), Elite ne perd pas de temps en s’attardant sur des storylines secondaires et inutiles et va droit au but. Tous les épisodes s’articulent autour du cheminement des personnages jusqu’à la scène du meurtre et ce qui les ont amené à en arriver là. Il n’y a pas de scènes superflues, ce qui rend agréable et rapide le visionnage de la série. Malgré cette vitesse, les personnages sont tous justement traités, leurs différentes facettes et relations sont exploitées. J’ai beaucoup aimé la fraîcheur de certains sujets, notamment la séropositivité de Marina et l’histoire polyamoureuse du trio Christian-Carla Polo . C’est vraiment quelque chose que j’apprécie chez Netflix ! Sa liberté d’expression qui permet de proposer des scènes d’un contenu parfois inhabituel et traiter des sujets sensibles, qui peuvent rebuter certains spectateurs, mais qui ont le mérite d’amener un vent de fraîcheur dans le paysage télévisuel, si j’ose dire.

Franchement quand j’ai commencé le premier épisode, je ne pensais pas que la série allait prendre des directions osées et nous amener quelques originalités. Bon, il n’y en a pas énormément, car le scénario de base n’apporte aucune nouveauté et se contente de dépoussiérer des codes déjà utilisés, ce qui se ressent dans le rôle de certains personnages. D’une part Samuel, l’ado typique fraîchement débarqué de sa cambrousse et qui se confronte à l’élite riche de son nouveau lycée. Je ne lui ai pas trouvé grand intérêt, tout comme Lucretia, qui sera certainement mieux développée dans la saison 2, du moins je l’espère car son personnage transpire le cliché de la petite riche pourrie gâtée qui cache finalement un grand coeur sensible.

En revanche j’ai beaucoup aimé Marina, un personnage un peu atypique, qui n’accorde aucun intérêt à la richesse de sa famille. J’ai adoré son look, et la customisation de son uniforme qui lui donne un côté sensuel et rebelle (en plus, l’actrice est vraiment magnifique, ses cheveux roux bouclés sont juste WOW). Marina traverse sa crise d’adolescence : elle se cherche, joue les rebelles, tente de nouvelles expériences avec maladresse et parfois, égoïsme. On a envie de la détester, mais son passé difficile et sa condition médicale nous y refuse. Car oui, j’ai trouvé ça génial que les producteurs mettent en scène un personnage séropositif dans le rôle principal d’une série. On aurait pu s’attendre à une focalisation sur sa maladie mais, au contraire, celle ci est dédiabolisée et présentée comme autre chose qu’une tare. Je ne dis pas qu’ils banalisent le sida, mais qu’il le mette en scène par le biais d’un personnage fort, qui l’expose d’une autre manière que celle qu’on pourrait se faire. Loin d’être larmoyante, Marina vit sa condition avec pragmatisme et montre que l’on peut vivre avec, sous médication certes, mais que ça ne définit pas pour autant son identité. 

Dans mes coup de cœur, il y a aussi Christian, anciennement Rio de CDP. Au premier abord, on a l’impression d’avoir à faire à un personnage tapageur un peu cliché, mais finalement, son caractère déterminé, sa constante jovialité le rendent attachant, et son association avec Carla rend ses apparitions explosives. J’ai bien aimé que même en se faisant piéger et humilié, il arrive à garder la tête haute et retourner la situation à son avantage.

J’ai beaucoup moins accroché à Guzmann, qui sentait le réchauffé, malgré sa relation avec Nadia, étant elle même également stéréotypée dans son rôle de fille sérieuse pieuse et jugeant d’un oeil sévère ses camarades gâtés. En plus, je ne sais pas si il y a des familles musulmanes toujours aussi strictes, mais parfois j’ai trouvé que c’était un peu exagéré. Mais, je ne saurais trop me prononcer sur ce sujet, n’y connaissant pas grand chose. Quant à Omar et Ander, j’ai bien aimé le traitement de leur relation et les thèmes touchant à l’homosexualité, bien qu’ils ne m’aient pas vraiment marqué. Quant à Nano, c’est un peu le personnage qui fait office de « branche rapportée », qui trouve sa place dans la série grâce à Marina. Sans elle, est-ce que son personnage serait-il indispensable ? J’en doute.

Quant à l’enquête criminelle, on peut dire qu’elle passe en second plan. Je ne sais pas si le choix d’avoir fait un flash forward avec l’interrogatoire des élèves était le choix le plus judicieux étant donné que c’est un procédé fait et refait. Toutefois, j’ai apprécié la tension que cela a ajouté à la scène de meurtre (bien qu’ils auraient pu faire beaucoup plus monter la pression !). Le dénouement final autour du meurtre est un peu expédié mais prometteur pour la suite de la série. Je ne sais pas si sans le personnage de SPOILERS EN BLANC Marina la série saura beaucoup me captiver. Je vais compter sur Christian et son trio avec Carla et Polo pour me motiver à continuer. (・・;)

Concernant les acteurs de la casa de papel, je trouve qu’ils se sont totalement détachés de leurs anciens rôles, quoique malheureusement pour lui, Denver a hérité d’un rôle un peu semblable. Mention spéciale à Rio, qui m’avait laissée indifférente dans LDP et qui dans ELITE m’a conquise en devenant mon personnage favori.

Bref, si vous aimez les séries concentrées sur les relations entre adolescents, ELITE est toute indiquée. Malgré les clichés et aspects réchauffés que j’ai mentionné, la série jouit de quelques éléments novateurs, et d’une liberté de contenu qui permet un contenu un peu plus adulte. Certes ELITE ne révolutionne rien, mais a le mérite d’apporter un peu de nouveautés dans les teen drama américains auxquels nous sommes habitués.

MA NOTE :

13,5/20

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