autostop Iwate Voyages au Japon

LE JAPON EN AUTOSTOP : De TOKYO à IWATE! (guide et récit de voyage)

Faire de l'autostop au Japon ?

L’auto stop au Japon ? Oui c’est possible. J’en ai fait l’expérience pour la première fois l’année dernière de Tokyo à Osaka et l’opération a été tellement concluante que mon copain et moi avons voulu le refaire cette année, a la même période, lors des vacances dobon

. En plus de l’autostop, nous avions alors décidé, étant complètement fauchés de prendre du matériel de camping pour dormir à la belle étoile, là où l’autostop nous conduirait. Parcs, forêts, carré de verdure, tous les endroits étaient bons pour devenir notre maison temporaire, le temps d’une nuit ( et tout confort lorsqu’il il y avait des toilettes publiques ou fontaine d’eau à disposition ! ).

L’aventure fut truffées de rencontres, de découvertes et surtout de premiers tâtonnements dans l’autostop et ses stratégies xD. Cette année, j’ai décidé de vous faire part de notre aventure depuis la préfecture de Chiba à celle diwate jusqu’à notre arrivée : jodogahama.

Pourquoi cette destination ? Bah tout simplement parce que j’avais envie d’aller à la mer, dans le nord du Japon et que celle ci avait l’air vraiment belle. C’était un peu une décision de dernière minute, mais après tout c’est ce genre de décision qui rendent les voyages palpitants et remplis d’imprévus x).

Vocabulaire express (・ω・)v

Faire de l’auto-stop : ヒッチハイク する HICHI HAIKE SURU

« Je fais de l’autostop jusqu’à Osaka, est-ce que vous pouvez m’amener dans cette direction ? »

大阪までヒッチハイクやってるんですけど途中でも乗せてもらえませんか

Osaka made hichihaiku yatterun desukedo tochuu demo nosete moraemasen ka ?

Notre trajet

Nous sommes partis depuis notre ville, Ichikawa, située en bordure de Tokyo et sommes arrivés à la plage de Jodogahama, dans la préfécture d’Iwate.

Les préparatifs du voyage

1er jour : D'Ichikawa à Utsunomiya

D'Ichikawa à Ashikaga : le jeune couple relax

Notre périple débute dès notre sortie de l’immeuble : Google gps en main, nous nous dirigeons vers la route en direction de la préfecture de Tochigi. Pour aller à dans la préfécture d’Iwate, il existe en effet deux autoroutes, une passant par Tochigi et une par Ibaraki. L’axe principal d’Ichikawa n’est pas ce qu’on peut qualifier d’extrêmement fréquenté, mais en temps qu’auto-stoppeur, nous n’avons pas le choix, à moins de marcher jusqu’à l’entrée d’autoroute, ce que nous faisons généralement en dernier recours. 

Bref, nous nous postons devant le parking d’un Lawson et commençons le stop. Notre carton indique la direction d’Ibaraki (en kanji). Les débuts s’avèrent plus compliqués que prévus. Pour vous donner une idée, de Tokyo à Osaka, chacun de nos stop duraient environ 10-15mn (sauf l’exception de Nagoya, 2 heures 30 de chou blanc ^^ »).

Au bout d’une dizaine de minutes, une petite fourgonnette que mon copain avait préalablement repéré semble faire demi-tour dans notre direction. Une lueur d’espoir apparaît (☆▽☆) . Le conducteur, un vieil homme s’arrête à notre hauteur. Mon copain lui demande s’il peut nous amener jusqu’à Tochigi, ce à quoi, il répond, à notre grande consternation  : « Gratuitement ?!!!! » avant de s’en aller le regard indigné. Une grande première dans notre historique d’auto stop ! (´ω`)

Nous continuons vaillamment de sourire aux rares voitures qui se présentent, bien décidés à atteindre notre objectif de la journée : Sendai. Hors de question de rentrer bredouille si près de notre domicile. Finalement, au bout d’une trentaine de minutes, une voiture s’arrête et nous fait signe de monter. Hourra, l’attente se termine et nous embarquons dans la voiture d’Adil et Chirie. 

Adil et Chieri se sont rencontrés à l’école primaire et après s’être fréquentés en tant qu’amis pendant des années se sont plus ou moins mis en couple (ça n’avait pas l’air très clair haha). Ils étaient censés aller à un festival de musique rock à Ibaraki, mais ce dernier avait été annulé à cause de la pluie et ils n’avaient pas vraiment de plan de secours. Résultat, ils étaient d’accord pour faire la route jusqu’à Tochigi et en profiter pour aller y visiter quelque chose. 

Adil est un haafu ハーフ, un métisse japonais et pakistanais. Cette année il s’est rendu au Pakistan pour découvrir le pays de son père, mais est rentré plus tôt que prévu à cause de l’insécurité présente. Il n’a pas vraiment apprécié son séjour là-bas, d’autant que quelques jours suivants un attentat à la bombe suicide a eu lieu. Adil a également arrêté son travail au sein de l’entreprise d’envoi de colis express Yamato après une dispute avec son supérieur. Il venait de faire la fête pour célébrer sa démission. Les deux amoureux aiment rouler en voiture, l’année précédente ils ont pris l’autoroute et l’ont suivi jusqu’à la fin de la journée pour voir jusqu’où ils pouvaient aller, ce qui les a conduit jusqu’à Aomori (Nord de l’ile principale Honshu). 

D'Achikaga à Oyama : le couple cool et ambitieux

Adil et Cheri nous déposent dans une zone commerciale où passe la route nationale. Nous les remercions chaudement avant de nous diriger vers un Kourakuen 幸楽苑. C’est une chaîne de gyoza.  Nouveauté de l’année, ils ont ajouté des gyoza végétariens à la carte, qui se trouvent être également vegan friendly ! Une aubaine pour moi, gyozavore que je suis ! En outre, ils sont vraiment bon marchés ce qui permet de manger goulûment sans faire mal au portefeuille. 

Le ventre plein, nous allons nous positionner sur l’axe principal, se dirigeant vers l’autoroute. Motivation maximale compte tenu du trajet précédent. L’attente se fait de courte durée, une voiture s’arrête et nous fait monter. Nous faisons alors la connaissance d’un couple fort sympathique, et dynamique : Bepparu et Shigusan. Bepparu a un style résolument affirmé : bronzage, faux cils, extensions, lentilles de contact, un style gyaru que je n’ai pas l’habitude de voir. Grande instagrammeuse, elle s’empresse d’immortaliser l’instant dans une vidéo ! Shigu san  quant à lui, est un personnage haut en couleur et on ne peut plus optimiste ! Ce dernier a arrêté l’école assez tôt pour travailler. Décrétant que la vie était faite pour en profiter, quitte à contracter des dettes, il a fait des investissements dans plusieurs chaines de Thé au capioca (Un « bubble tea » qui fait fureur au Japon en ce moment) et se retrouve à gérer plusieurs business. Il se montre particulièrement intéressé par les projets de mon copain et nous encourage à réaliser nos rêves. En chemin, le couple décide de nous emmener dans un des cafés que gère Shigu san et nous offre la boisson. Nous passons un petit moment à discuter de nos projets respectifs et de nos voyages en autostop. Nous nous séparons finalement à la gare d’Oyama

d'Oyama à Utsunomiya : le jeune aide soignant

La ville d‘Oyama nous donne un peu de fil à retordre, mais au bout d’une quinzaine de minutes, un jeune homme, café à la main vient nous aborder depuis la sortie du conbini où nous étions en poste. Il nous explique qu’une vieille dame nous avait vu et était allée le dire aux employés du conbini car elle s’inquiétait pour nous. Le jeune homme nous propose alors de nous emmener jusqu’à Utsunomiya, du côté de la sortie de l’autoroute où se trouve une grande zone commerciale (Oyama interpark). Nous acceptons de bon cœur, malgré notre envie d’aller directement sur l’autoroute. Pendant le trajet, nous apprenons que notre conducteur est un jeune aide soignant. Ce dernier nous explique qu’il avait déjà fait de l’autostop lorsqu’il était étudiant et qu’il comprenait notre situation. 

Première nuit : Parc Mori kouen

Nous décidons de nous arrêter là pour aujourd’hui et de reprendre tôt le lendemain matin. Après avoir consulté la carte google, nous repérons un grand parc près de la zone commerciale. Il nous semble parfait pour passer la nuit alors j’emboîte le pas à mon copain jusqu’à destination. Quinze minutes plus tard nous avons la bonne surprise de trouver un grand parc ainsi qu’une forêt faisant office de site de camping. De ce fait, nous dénichons des cabines de toilettes et une source d’eau potable. Il fait nuit noire, pas un chat à l’horizon alors nous en profitons pour prendre une douche nocturne grâce au robinet publique. Après quoi, nous retournons vers le parc, à la pelouse bien entretenue (cf la photo ci dessus)  et établissons notre tente à côté d’un banc. Au menu du jour : curry japonais (patate et oignon). La préparation prend un certain temps vu la cuisson du riz et des légumes, mais, c’est rassasié que nous nous couchons dans notre tente. 

Le trajet du jour :

2ème jour : D'Utsunomiya à Otsuchi

D'Utsunomiya à Sakura-shi : le chauffeur de camion timide

Réveil plutôt difficile sous la tente. J’ai eu froid une grosse partie de la nuit (>﹏<). L’année dernière lorsque nous étions partis à Osaka, il a fait tellement chaud que nous avions décidé de laisser nos sacs de couchages au placard pour cette aventure-ci (et ainsi nous éviter un bagage supplémentaire à trimballer). Gros regret, d’autant que je venais d’acheter un super sac de couchage Montbell à 7500 yens (TдT). Snif.

C’est à dire que le temps n’a vraiment rien à voir avec l’année précédente, plutôt gris et pluvieux sans grandes éclaircies. Bon gré mal gré, je me lève et me précipite vers les toilettes du camping de la veille. Pas de bol, je m’aperçois que des campeurs y sont attroupés. Je me redirige vers les toilettes du parc… fermées où Bien sûr, un autochtone matinal passe également à ce moment-là et me regarde bizarrement (´・_・`) Tant pis, j’attendrai d’aller au conbini du coin (・ε・`*) … Nous finissons de plier la tente et de ranger les affaires (suis devenue une pro !), et nous mettons en direction de la bretelle d’autoroute de la veille pour démarrer l’autostop. En chemin, nous faisons la connaissance de deux petits énergumènes …

D’ailleurs je ne le savais pas, mais les kabutomushi カブトムシ volent ! Et moi j’aime pas trop les gros insectes qui volent sauf les papillons, les libellules, les coccinelles et les papillons de nuit. Si ça ne fait pas parti d’une de ces catégories là, ça ne passe pasヽ(゚Д゚)ノ Alors que je m’extasie en mode : « oh il est chou, il lève les pattes regarde c’est mimi ! » ce dernier prend soudainement sont envol vers mon visage… 

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAaaaaaaahhhhhhh !

Ce qui vaut un fou rire illimité de mon copain pour le reste de la marche vers le conbini (≖͞_≖̥). 

Après avoir acheté quelques provisions à manger en route, nous repartons vers l’entrée de l’autoroute. Il est environ sept heures du matin et littéralement zéro voiture à l’horizon. On pourrait presque entendre une mouche voler. Etant pile poil devant l’entrée de l’autoroute, nous pensons néanmoins partir rapidement…

MAIS DU TOUT. Les quelques voitures et camions qui passent par là ne s’arrêtent pas et nous attendons une bonne heure, guettant les rares véhicules. Découragés, nous décidons de bouger vers une autre route dans la direction de Sendai. Et zou, nous rechargeons notre barda sur nos dos et marchons jusqu’à une grosse intersection où beaucoup de voitures attendent aux feux. Depuis notre dernière aventure, nous avons pris l’habitude d’appeler cette situation le « THINKING TIME ». C’est le moment où on fait de l’auto stop devant un feu et que les conducteurs ont alors tout le loisir d’admirer notre panneau et de réfléchir à nous embarquer, ou non. Moment qui peut également s’avérer ludique, si certains conducteurs s’enthousiasment devant des auto stoppeurs ou au contraire tres gênant si ces derniers évitent soigneusement de croiser votre regard. ヾ( ̄o ̄;)

Nous attendons donc de nouveau une bonne trentaine de minutes sous un soleil de plomb, jouant de notre charisme pour arrêter les véhicules. Et… toujours rien. Le gros bide. Personne ne s’arrête, au mieux nous font des grands sourires à travers les vitres.

Un peu refroidis, nous bougeons vers la route nationale, abandonnant définitivement l’autoroute. Et là, enfin, O JOIE !!!, un conducteur de camion s’arrête enfin pour nous prendre !!! Ce dernier nous explique qu’il ne va que jusqu’à la ville de Sakura, donc pas bien loin. Toutefois, pressés de quitter notre point de départ, nous acceptons vivement et embarquons dans le camion. Cette fois, pas très loquace, notre conducteur nous explique simplement qu’il nous avait vu commencer le stop plus tôt le matin et quon lui avait fait un peu de la peine d’y être encore (*゚ー゚)

De Sakura-shi à l'aire d'Autoroute Nagi kogen : le couple moderne

Le gentil chauffeur nous dépose finalement sur le bord de la nationale dans la ville de Sakura. A notre grand étonnement, il ne nous faut pas moins de quelques minutes pour retrouver aussitôt un nouveau véhicule. Nous faisons alors la connaissance d’un couple d’une cinquantaine d’années, tous deux divorcés, profitant d’obon pour aller s’amuser ensemble à Sendai. Ils nous expliquent qu’ils viennent d’Ibaraki où ils sont allés voir le festival du tournesol ひまわり祭り. Nous nous familiarisons aussi avec le troisième membre de la famille : un petit chien tout mignon visiblement très attaché à ses maîtres ! Nous faisons un bon bout de trajet en leur compagnie, en prenant le temps de faire une pause pour déjeuner (enfin pour leur laisser déjeuner vu que nous n’avions rien de mangeable véganement parlant ^^« ). Ces derniers nous laissent finalement sur une aire d’autoroute, qui, à notre grand désarroi se trouve en travaux, et donc un peu exiguë pour auto stopper. 

De Nagi kogen à l'aire de Motomiya : Les 6 autostoppeurs ! et le bon saint-maritain

C’est avec stupeur que nous tombons nez à nez avec deux autres autostoppeurs ! Deux jeunes étudiants, profitant des vacances pour aller jusqu’à Aomori en autostop. Nous sommes à la fois ravis et à la fois inquiets,  car l’aire d’autoroute ne semble pas se prêter à à quatre autostoppeurs. Nous en profitons tous de même pour discuter de nos aventures respectives avant de nous positionner à l’avant, espérant harponner des voitures en amont de l’aire. Et alors que nous brandissons nos cartons indiquant Morioka, voilà pas que deux nouveaux autostoppeurs débarquent, le sourire aux lèvres !!! Nous sommes là : « SERIEUXXXXX?! XD« . Nous nous empressons donc de les saluer et d’une nouvelle fois raconter ns expériences en autostop. Ce sont encore une fois deux étudiants, dont l’un aguerri de l’auto-stop, équipé dernier cri pour en faire, la classe.

Ce dernier dit à mon copain qu’il a de la chance d’avoir une copine avec qui faire de l’autostop et me tient alors la jambe un long moment avant que son pote ne le reprenne en s’esclaffant : « Y’a son copain là tu sais !!!« . Et l’autre de faire des courbettes pour s’excuser. S’il savait que mon copain n’a absolument aucun sens de la jalousie xD.

Nos deux nouveaux amis nous laissent pour aller saluer les deux autres auto-stoppeurs toujours occupés à haranguer les voitures (en vain). Nous décidons de profiter du moment pour récupérer quelques voitures avant les autres. Nos efforts finissent par aboutir lorsqu’un monsieur s’arrête : « Je ne vais pas jusqu’à Morioka », mais je peux vous laisser à la prochaine aire d’autoroute ! » Parfait, nous embarquons pour nous sortir rapidement du guêpier car 6 auto-stoppeurs sur une petite aire d’autoroute, honnêtement c’est tendu de chez tendu ! (et tellement improbable au Japon ! ఠ_ఠ)

De Motomiya à Otsuchi : le couple à la voiture de folie

Sur l’aire de Motomiya, il commence à se faire tard, bientôt 18h et mon copain commence à s’impatienter. Il a faim. Moi aussi, mais au vu du trajet restant, je me motive à continuer l’autostop. Ma mâchoire commence à tirer (essayez de sourire toute une journée d’affilée xD), mais je tiens bon. Au bout d’un moment j’aperçois dans la nuit une grosse voiture style monster truck roulant dans ma direction. C’est décidé, ça sera CETTE voiture ! Je m’avance avec mon panneau, le sourire grand comme ça en sautillant devant le véhicule. BINGO ! Ce dernier s’arrête et le chauffeur, un homme d’une quarantaine d’années nous explique que lui et sa femme rentrent chez eux dans leur ville natale à Otsuchi. Ce n’est pas dans la direction de Morioka, mais comme Otsuchi se situe sur la côte menant tout droit à Miyako-shi, nous décidons d’embarquer.

S’en suit alors un trajet de quelques heures, où nous pouvons enfin découvrir (bon, il faisait bien nuit mais quand même xD) les paysages de la préfecture d’Iwate : une première pour moi ! 

Le mari, travaille en réalité avec sa femme à Yokohama et ils ont décidé de rentrer dans leur ville natale pour Obon. Il sont parents de deux enfants, qu’ils ont confié à leurs grands-parents pour la semaine de vacances. La maman est une infirmière, qui me confie qu’il y a également une crise dans le secteur infirmier au Japon et qu’ils devraient faire des grèves comme en France ! 

Une petite heure avant notre arrivée, le couple décide de nous offrir une petite séance de cinéma dans leur voiture de folie : et pop ! trois écrans sortent des sièges et nous permet de regarder Laputa, le château dans le ciel (Un film Ghibli que je n’ai jamais regardé, shame on me ) tout en étant pelotonnés dans des couvertures chaudes prêtées par nos hôtes ! (─‿─); le bonheur ! 

L’arrivée se fait aux alentours de 21 heures, à côté de la gare JR Namitaakaigan. On nous dépose devant les surfhouse de la plage, où un parking et de la végétation nous permettent de camper. Le couple s’inquiet de notre sort, et nous propose de nous éclairer avec les phares de la voiture pour nous puissions monter notre tente. C’est adorable. Avant de partir, ces derniers nous offrent également les deux couvertures qu’ils nous avaient prêté dans la voiture, me voyant un peu frigorifiée (faisait plus froid à Iwate qu’à Tokyo !).  C’est avec un peu d’émotion que nous regardons nos deux hôtes rentrer chez eux. 

Le chateau dans le ciel dans la voiture :')

La région du Sanriku 三陸

Le trajet du jour :

Deuxième nuit : Plage de Namiitakaigan

Nous commençons à préparer à manger dans la nuit, face au bord de mer, caché par des buissons qui entourent la Surfhouse. Je ne sais pas pourquoi, j’ai un peu peur. Nous sommes dans une zone qui a été touchée par le tsunami de 2011, alors je ne me sens pas très sereine. La nuit est silencieuse, et nous sombrons vite dans le sommeil, bercés par le bruit des vagues.

Je me réveille avec l’arrivée des surfeurs les plus matinaux, dont j’entends poncer leurs planches. J’en profite pour aller voir le bord de mer. Je n’ai que quelques enjambées à faire pour me retrouver devant l’océan et constater avec tristesse les ravages du tsunami de 2011. La plage n’existe plus, de gros gravats et de grosses pierres l’ont remplacé, mélangé avec les tripodes qui ont fait face à la vague meurtrière. La végétation a repris ses droits tout le long du front de mer, dans un décor digne de the walking dead. Je m’aventure au plus loin pour prendre quelques clichés (et, j’ai dû prendre mon courage à deux mains quand j’ai constaté que comme sur l’île de Sado, l’endroit est infesté d’espèces de gros milles pattes de mer. BEURK). Heureusement, quelques crabes tout mignons disparaissent aussi sur mon passage et égaient ma promenade. 

D'Otsuchi à Yamada-shi: le couple de retraités sympathiques

Après avoir plié bagages, nous nous dirigeons vers la route nationale qui traverse Otsuchi vers Miyako-shi.  Nos conducteurs précédents, avaient eu la gentillesse de nous montrer une zone pour auto-stopper et effectivement, nous constations que c’est le parfait endroit pour que les voitures venant dans notre direction s’arrêtent. Et… à peine commençons-nous le stop qu’une voiture s’arrête pour nous embarquer jusqu’à la ville suivante v(^∀^*). 

Il s’agit d’un couple de retraités se rendant à Yamada-shi pour se receuillir sur la tombe de famille. Ces derniers, adorables proposent de nous déposer à la gare où le flux de véhicule est plutôt dense.

De Yamada-shi à Jodogohama : Le local touchant

Nous prenons le temps de faire une pause à la gare de Yamada où nous nous étalons comme des crêpes sur les tables en bois mises à disposition. On a faim, on est fatigués et surtout, on a d’aller barboter dans un sento  (bains publics japonais). C’est que…  Vous vous doutez bien qu’à dormir dans les parcs, nous n’avons pas l’occasion de prendre des douches complètes ◔_◔.

Nous décidons alors d’aller d’abord à Miyako-shi nous refaire une beauté dans un sento, faire notre lessive puis d’aller à la plage de Jodogahama. Sur cette décision, nous reprenons l’auto-stop, à la sortie du parking de la gare. 

Au bout d’une dizaine de minutes, un homme d’une quarantaine d’années au volant dune grosse jeep nous fait signe de monter. Mon copain lui explique que notre objectif est Jodogahama mais que nous voulons d’abord aller à Miyako shi. Ce dernier lui répond alors qu’il va passer par la bypass, une route rapide construite très récemment qui relie les villes côtières. En effet cette dernière est flambante neuve et nous permet de jeter un coup d’œil aux villes longeant l’océan. Le monsieur s’exclame alors : « ah cet endroit a été balayé par le tsunami. » en nous pointant un village côtier. Mon copain est  surpris : « Mais pourquoi ils sont revenus vivre ici ?! » « ah c’est comme ça« , répond-t-il. J’en reste pantoise aussi. Quelle force de la part de ces habitants d’être revenus vivre là où un tsunami les a frappé…

Les kilomètres défilent et nous finissons par apercevoir la ville de Miyako, la ville finale de notre voyage en auto-stop. Nous passons devant la gare et je me dis que notre conducteur va sûrement s’arrêter mais…. il continue sa route, le visage impassible. Je jette un coup d’oeil à mon copain qui hausse un sourcil mais ne dit rien. Bon… Au bout d’une dizaine de minutes je me rend compte qu’on grimpe dans la montagne et j’aperçois un panneau « Jodogahama ». Je réalise alors que notre conducteur nous amène directement à la plage au lieu de nous laisser à Miyako-shi. A l’évidence il n’avait pas trop compris nos intentions (・ε・`*) ….

Quoi qu’il en soit, nous arrivons finalement à notre destination finale : JODOGAHAMA !!!

Le trajet du jour :

La plage de Jodogahama
浄土ヶ浜

Nous sommes donc déposés sur le premier parking de la plage, où un centre de repos permet d’accéder à la côte en contrebas. Nous y entrons pour profiter des installations (recharger nos téléphones, WIFI et cie) et piquer un roupillon dans la pièce japonaise (enfin, moi surtout, j’étais crevée). Après ce bref repos, nous descendons les escaliers pour accéder au chemin vers la plage. Malheureusement, le temps n’est pas à la fête, c’est nuageux et un peu pluvieux Nous progressons jusqu’à la zone de baignade, et découvrons la plage de galets qui offre un très beau panorama sur l’océan. Quelques courageux tentent de s’y baigner, mais l’ambiance est plutôt frileuse (ce que je comprend vu le temps). Moi même, je me sens tellement crevée et sale que je ne m’y ose pas. Je préfère attendre le lendemain après un bon bain et une bonne nuit de sommeil.

Nous ne restons pas longtemps sur la plage. Je me renseigne auprès d’un petit vieux japonais au sujet des horaires de bus vers Miyako-shi. Ce dernier me répond vivement qu’il faut le prendre sur le premier parking où nous étions tantôt. Nous revenons donc cahin caha au parking et prenons le bus qui nous ramène jusqu’à la gare de Miyako. Là-bas, je google un sento pour que l’on puisse aller se laver tranquillement.  

Le sento a l’air d’avoir toujours été là. Il est tenu par une vieille dame vraiment adorable. C’est ma première fois dans un sento, et je suis surprise par l’unique bain qui trône au milieu de la pièce. Je prends le temps de me laver le corps (O JOIE après deux jours de toilette primaire) et tente de pénétrer dans le bain brûlant. Et là… à peine je mets les orteils que je commence à sentir la morsure de la chaleur de l’eau. Je les retire vivement et tente d’y aller par étape. Mais rien n’y fait, impossible de mettre ne serait-ce que mon petit doigt dans l’eau. Je me retrouve donc comme une idiote, sur le rebord du bain à attendre je ne sais quoi. 

Heureusement, au bout de quelques minutes, la porte coulisse et je vois apparaître la vieille dame qui se précipite pour me couler de l’eau froide dans le bain :

« C‘est brûlant n’est-ce pas ? Si c’est la première fois, vous pouvez couler de l’eau froide ! Désolé de ne pas vous l’avoir dit ! »

et elle me répète 45 fois qu’elle est désolée alors que ce n’est pas sa faute. En tout cas, elle est très attentionnée à mon égard, je trouve ça trop chou. Bref, je peux enfin entrer dans l’eau brûlante et profiter du moment. J’y reste une trentaine de minutes avant de reprendre une douche et me refaire une beauté. J’attends mon copain devant le sento et nous tentons de chercher un parc pour la nuit. En chemin nous apercevons des locaux ci et en train d’allumer des petits feu devant leurs maisons pour dire au revoir aux esprits de leurs ancêtres, selon la tradition d’Obon. Les rues silencieuses et les feux dans la pénombre rendent l’instant magique. 

Nous nous installons dans un parc dans un quartier résidentiel où nos voisins sont justement en train de faire un feu et lancer des feux d’artifices. Les détonations me surprennent, je ne pensais pas qu’on pouvait acheter des feux aussi puissants (゜。゜)

Nous remarquons que dans notre parc des installations pour des bon odori (danse) n’ont pas encore été rangées et nous en profitons pour nous y poser. Mon copain profite du bureau pour travailler xD

Jour 3 : Baignade à Jodogahama

Nous nous levons plein d’entrain, prêt à profiter du beau temps et de la plage de Jodogahama. La journée est consacrée à la détente en bord de mer. Cette fois j’en profite pour faire trempette et profiter de la fraîcheur de l’océan. C’est ma première baignade de l’année (et l’unique soit dit en passant x)) ! L’ambiance est vraiment estivale pour le coup, les japonais s’en donnent à cœur joie dans l’eau. 

Après avoir profité tranquillement de cette journée, nous revenons à Miyako pour manger dans un centre commercial non loin d’un énooooooooorme parc. Le temps se gâte fortement alors nous nous empressons de manger, ranger nos affaires et monter la tente dans le parc. Le vent souffle fort, et j’angoisse qu’à tout moment notre tente (qui a bien vécu, il faut le souligner) ne s’envole dans la rivière d’à côté. Du coup, je ne dors pas super bien, mais au moins la tente est encore là à mon réveil. ouf.

Jour 4 : De Miyako à Sendai

De Miyako à Kamaishi : Le fonctionnaire empathique

Encore la tête dans le pâté, je démonte la tente et rassemble mes affaires. J’ai super mal au dos et mon gros sac n’arrange pas les choses. MAIS BON, mode guerrière activée, je me motive. A la sortie du parc, nous tombons nez à nez avec le jardinier qui nous propose de récupérer nos ordures. Il en profite pour nous expliquer (tout fier) que nous n’étions pas les premiers voyageurs à dormir dans son parc et que des français étaient déjà venus du reste. Sur ce, nous le quittons pour prendre le chemin de l’autoroute, soit une trentaine de minutes à pied pour commencer la journée, youpi ! Arrivés à la voix d’insertion de l’autoroute, nous débutons l’auto-stop, tout frais de notre nuit de sommeil (enfin moi bof hein pour le coup). Et à partir de là, commence une journée de GALERE en auto-stop.

Du jamais vu pour nous, ayant été largement rapidement transportés jusqu’à présent. Et là c’est vraiment le drame. Vingt, trente, cinquante minutes et toujours rien… Nous décisions de changer d’endroit, en amont. Là aussi, c’est la catastrophe, nous attendons une nouvelle heure sans succès. Le soleil est pesant. A un moment, une voiture s’arrête clairement devant nous, puis, alors que je me dirige affichant un grand sourire dans sa direction, repart au quart de tour. Nous en restons cois ఠ_ఠ

Finalement, au bout d’un temps incalculable, un homme s’arrête et nous dit de monter. Il nous explique qu’il nous avait déjà vu et qu’à son retour, comme on était encore là, il s’était dit qu’il allait nous prendre. Faire pitié aux gens = la meilleure technique ? (; ̄ー ̄川.

Ce monsieur est un fonctionnaire qui se rend jusqu’à son lieu de travail à Kamaishi, où il nous dépose près de la gare.

De Kamaishi à Rikuzenkata, 100% filles

ET LAAAAA c’est de nouveau le drame ! Autostop d’une heure et demie sur le bord de la route en vain. On désespère. C’est le chou blanc et nous sommes fatigués. 

Finalement, un véhicule s’arrête. AMEN. Dans la voiture : une femme toute souriante et deux jeunes filles. Il s’agit d‘une maman et de ses deux filles étudiantes. Ces dernières reviennent juste de leurs épreuves de permis, qu’elles ont toutes deux eu ! Bravo à elles. 

La famille se prête complètement au jeu de notre aventure et tente de trouver une voiture immatriculée de Sendai. S’en suit donc une recherche enflammée où tous les passagers tourne la tête dans tous les sens pour en trouver une ! Et justement, au bout d’un moment, une voiture de Sendai semble faire la même route que nous. La mère décide de le prendre en filature, dans un fou rire général, et le hasard fait que la voiture de Sendai s’arrête exactement au même parking que là où la mère voulait initialement nous laisser (Centre commercial AEON de rikuzenkata). On se gare, et les filles sortent illico de la voiture pour aller voir le conducteur de Sendai. Manque de bol, ce dernier n’a pas l’intention de rentrer à Sendai et est juste venu faire ses courses quotidienne. Loupé. Les filles cherchent encore quelques voitures, mais le parking est loin d’être plein. Tant pis, nous les remercions quand même charleureusement car elles ont toutes trois étaient vraiment adorables.

De Rikuzenkata à Sendai : Le survivant du tsunami.

Nous sommes déposés dans une zone commerciale, sur la route de la voie rapide vers Sendai. Le soucis : la pluie qui commence à tomber de plus en plus fort. De nouveau, c’est la catastrophe : les voitures se font rares, roulent très vite et nos affaires (ainsi que nous même) sommes complètement trempés. On a l’air de deux chiens mouillés. Notre carton où est écrit notre destination s’émiette de plus en plus à cause de la pluie. Clairement c’est la misère. (;_;)

Voyant mon copain dépité, je décide de chercher un nouvel endroit d’auto-stop. Google maps m’informe qu’il y a un conbini à une dizaine de minutes à pied, avec parking : j’embarque mon copain et nous partons sous la flotte vers le conbini. Et là-bas, miracle ! Un homme, la quarantaine, sort de son véhicile et arrive nonchalamment dans notre direction avant de nous dire

« je vais à Sendai, si vous voulez, je vous emmène. ». 

« par contre, je dois faire un tour à mon entreprise à Ishinomaki avant d’aller à Sendai, ça ne vous dérange pas ? »

« NON NON » 

Et à partir de là commence une des rencontres les plus marquantes de notre voyage. C’est une personne qui m’a marquée, aussi bien dans son vécu que dans sa personnalité. Très bavard, ce dernier commence à nous parler de l’entreprise de bâtiment dans laquelle il travaille.

il nous dit : « Par contre, j’ai un conseil à vous donner. Je connais très bien la construction au Japon, pour y avoir travailler quasiment toute ma vie. Alors un conseil : si vous sentez un fort tremblement de terre, ne restez pas chez vous. SORTEZ. C’est compris ? »

Mon copain est surpris autant que moi, mais je garde son conseil dans un coin de mon esprit, bien que ça me fasse un peu froid dans le dos. 

S’en suit alors plusieurs conversations, dont une sur sa peur des serpents d’eau. Je précise car, il a vraiment insisté là dessus, c’était drôle. 

« En France j’ai entendu dire qu’il y avait plein de serpents d’eau, c’est vrai? »

« euh…. »

On en apprend aussi sur sa vie personnelle, divorcé il y a quelques années, il a rencontré une jeune femme de deux fois moins son âge avec qui il vit une véritable passion. Il en profite pour sermonner mon copain sur les risques de l’auto-stop et des nuits dehors. Le pauvre semble complètement penaud devant ses remontrances, le fou rire me guette. 

« Parce que, il faut protéger sa copine, ok? C’est notre rôle. Moi, si j’étais toi, je la laisserais jamais dormir dehors. Et si il arrivait quelque chose, qu’est-ce que tu ferais ? Tu serais capable de la protéger ? En tant qu’homme, je n’approuve pas, si je dois te dire le fond de ma pensée… « 

Lorsque nous arrivons à Ishinomaki, le ton de la conversation change radicalement :

« Ishinomaki, c’est ma ville natale, j’étais là-bas lorsque le tsunami a frappé; regardez, là, ça a complètement été ravagé par la vague, et là aussi ». 

Puis, il se met a nous raconter une histoire vraiment abominable, qui me traumatise pour le reste du trajet. 

« Là, regardez, ce terrain de golf. (ce sont des terrains avec plusieurs étages et un immense filet autour). Et bien lorsque le tsunami a frappé, des corps ont été trainés jusque dans les filets. Je les ai vus de mes propres yeux : des cadavres et des bouts de corps empêtrés dans les filets sur toute la hauteur du terrain. Une scène d’horreur ».

A ce moment là, je me sens complètement bouleversée. Se dire que de telles horreurs se sont véritablement produites, que des gens l’ont vécu, et surtout d’être actuellement sur les lieux, ça retourne les tripes. Impossible de m’enlever cette image de ma tête.

Notre conducteur (comme une cruche j’ai pas noté son nom bien sur), nous raconte ensuite son vécu : 

« Moi à ce moment là j’étais en train de jouer au mah-jong avec des amis. Et j’étais parti en avance pour rentrer chez moi. J’ai eu le temps de me réfugier, mais tous mes amis qui jouaient au mahjong n’ont pas eu cette chance là, ils sont tous décédés. Un autre ami, lui, a eu sa voiture emportée par la vague alors que son fils était dedans. En voulant le sauver, ils sont tous les deux morts de noyade, sauf la mère qui s’en est sorti. Affreux. »

Et il continue de nous montrer des lieux en reconstruction ou où telle histoire s’est produite. J’en ai des frissons, je deviens complètement mal à l’aise. La nature est effrayante. 

Sur ce, Il nous dépose une quinzaine de minutes pour aller voir son patron puis revient nous chercher pour poursuivre la route jusqu’à Sendai. 

Nous arrivons dans la métropole vers 21H. Notre nouvel ami nous donne son numéro de téléphone au cas où nous ne trouverions pas d’endroit où mettre notre tente. Par expérience, c’est toujours difficile de trouver un endroit assez isolé et intime dans les grandes villes. Surtout que pour le coup, Sendai est gigantesque, j’ai l’impression d’être revenue à Tokyo. On retrouve même le « kabuki cho » du coin.

Je me sens quand même miteuse alors qu’on marche dans la rue, j’ai encore l’eau de mer de jodogahama sur la peau et le sable dans mes cheveux. Mon apparence n’est vraiment pas terrible, d’autant que les cartons d’autostop sous mes bras sont tous trempés. Pour le coup on dirait des SDF. Mais bon, on s’en fiche x) et on se met en route pour un grand parc repéré sur google. 

Cinquième nuit : (Parc) Nishi kouen

Pour le coup, le nishi kouen est parfait pour passer la nuit ! Spacieux, nous trouvons vite un coin reculé et sombre pour mettre la tente. Je m’endors bercé par le bruit des cigales.

Jour 5 : De Sendai à la maison !

Le lendemain matin, je me réveille motivée pour notre dernier jour de voyage. Je me mets en tête de photographier des cigales, et scrute les troncs d’arbres autour de moi. Je photographie des enveloppes de mues de cigales, certaines dans une position que je trouve poétique (petit couple). Et une cigale qui est pépère sur son arbre. Je la trouve trop belle !

Je fais aussi la rencontre d’un gang de chats aux pelages atypiques. Trop chou !

De Sendai à Kurimi service area : Notre sauveur !

Sendai a été un véritable enfer. Je vous préviens toute de suite. Nous avons dû changer plus de trois fois d’endroits, tous pourtant directs vers l’autoroute et avec largement de place pour que les voitures s’arrêtent. 

Notre galère dure TROIS HEURES TRENTE. 3h30 à sourire, à agiter nos panneaux, à ne pas avoir l’air découragés… C’est la première fois que nous devons autant attendre pour qu’un véhicule s’arrête. Le pire avait été à Nagoya où nous avions attendu 2h30 l’année précédente. Clairement, là, c’est la crise totale, nous commençons à vraiment vraimmmment désespérer.(´;ω;`)

Sur la dernière demi heure d’auto-stop je deviens tellement désespérée que je m’amuse à montrer tous nos panneaux aux voitures qui attendent aux feux : « TOKYO » ? « Non pas tokyo, alors UTSUNOMIYA ?, Non, alors… Tochigi ? « . Un jeune s’exclaffe devant mon manège et moi aussi du coup.

ET LA ET LA ET LA

Venant de droite, un conducteur déboule dans mon champ de vision. Il me regarde, regarde mon panneau et s’arrête brutalement en me faisant des signes.

YOUPIIIIIIIII !

L’angoisse se termine enfin. Nous embarquons vivement dans la voiture et remercions chaudement notre sauveur en lui expliquant que ça faisait plus de trois heures que nous faisions de l’autostop. Le sauveur nous révèle alors qu’il est moine bouddhiste et qu’il est en route pour aller dans un temple dans la montagne dans la préfecture de Tochigi. Pour le coup, c’est devenu notre bouddha à nous. 

De Kurimi SA à la maison !!! : Les âmes charitables

L’aire d’autoroute de Kurimi nous permet de trouver assez facilement un nouveau véhicule. Nous essayons de négocier un trajet jusqu’à la préfecture de Chiba afin de rentrer assez rapidement et dormir (enfin) dans notre lit. Nous devons laisser passer le premier véhicule, car le trajet nous ferait dériver de Chiba. Bref nous attendons qu’une autre occasion se présente : bingo, un peu plus tard, un jeune couple nous propose de nous avancer jusqu’à l’aire d’Utsunomiya, un gigantesque complexe récemment construit. Ces derniers sont super avenants et nos discussions vont bon train. En plus, ils ont un petit chien avec eux que nous prenons vite sous nos ailes, attendris par sa petite frimousse. 

Une fois arrivés à Utsunomiya SA, j’hallucine littéralement. Nous n’avons pas du tout l’impression d’être sur une aire d’autoroute tant c’est gargantuesque ! Le couple nous explique qu’ils vont manger avant de repartir et nous souhaite bon courage pour la suite. L’aire est tellement immense que nous pensons trouver rapidement un nouveau véhicule. Ahlalalala. GRAVE ERREUR. 

Nous restons plantés plus d’une heure sur la sortie d’autoroute sans succès alors que les voitures ne cessent d’affluer.  Il commence à faire nuit et mon copain s’imagine déjà dormir sur l’aire. Moi, pas du tout. Je veux retrouver mon lit, j’ai le dos défoncé à cause des nuits dans la tente donc je continue en souriant à tout va avec mon panneau. 

Une voiture s’avance en faisant des appels de phare : c’est le couple précédent qui nous appelle. Intrigués, nous allons leurs parler et ….

« Bon, on vous emmène directement jusqu’à chez vous, ne vous inquiétez pas ! »

« vraiment mais ?! » 

« Si si, allez montez ! »

Et là, je sens le soulagement envahir tout mon corps. Deux âmes charitables nous conduisent directement devant chez nous : on ne pouvait pas espérer mieux !

Ces derniers me propose d’incliner le siège passager pour que je puisse m’allonger et ils me donnent même une couverture chaude pour que je sois au chaud. Je me sens comme un coq en pâte, le bonheur ! Je m’endors jusqu’à l’arrivée…

J’ai mis tout mon coeur dans cet article, j’avais envie de vous partager cette aventure par écrit. Je ne sais pas si je retenterai l’expérience une troisième fois car mon dos en a vraiment pâti à cause des nuits sous la tente, mais ce qui est sûr c’est que ces voyages (Osaka/Iwate/enoshima) resteront des expériences inoubliables. Je note quand même que l’auto stop a été beaucoup plus simple dans le sud (de TOkyo à Osaka) que dans le nord (de Chiba à Iwate), donc pour une première expérience je recommanderai plus le sud, et notamment Osaka justement. N’hésitez pas à me partager vos impressions suite à cette lecture (merci d’être arrivés jusque là !) ou de me poser des questions  !

A très bientôt !

Eden
<p>Expatriée au Japon (Tôkyô) depuis septembre 2017, passionnée par la culture japonaise, les séries TV, les jeux vidéos, la lecture et les animaux :3</p>
http://www.edenhaini.com

2 thoughts on “LE JAPON EN AUTOSTOP : De TOKYO à IWATE! (guide et récit de voyage)

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